
Les jours s’abrègent, l’eau qui court dans la vallée,
N’a plus ces joyeux bruits qui réjouissaient l’air,
Il semble que la terre, et frileuse et voilée,
À pas menus, menus,
Le bel automne est revenu.
Dans le brouillard, sans qu'on s'en doute,
Il est venu par la grande route,
Habillé d'or et de carmin.
Et tout le long de son chemin,
Le vent bondit, les pommes roulent,
Il pleut des noix, les feuilles croulent.
Ne l'avez-vous pas reconnu ?
Le bel automne est revenu.


Le rouge-gorge
Le rouge-gorge est au verger ;
Ah ! qu’il est joli, le voleur ;
Il ne pèse pas plus que plume
Et le vent le balance à son gré
Comme une fleur ;
Ah ! qu’il est joli, le voleur de prunes.
Oiseau, bel oiseau d’automne,
Voici l’oseille qui rougit
Dans l’herbe,
Et la feuille du poirier jaune ;
Tout se couvre de pourpre et de vieil or superbe
Avant l’hiver gris.

Matin d’octobre
C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encore.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.


Avec toute mon amitié...